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La 5ème édition s'est déroulée à Mijoux du 7 au 10 juillet 2014. 

Présentation

21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 11:26

Damien Artéro a bien 2 oreilles. Oui, c'est parce qu'il est comme tout le monde !

Petit rappel de ce qu'il à déjà entendu avec :

"Planète.D ? Les films sont super, c'est sûr, mais bon, on sent le business derrière quand même..."

Ah.

Ah ?

Ah !

C'est sans doute puéril, mais je ressens le besoin de me justifier, là.

"On sent le business derrière" ?

Attardons-nous sur le "derrière" : cela laisse à croire que nous cachons quelque chose. Il n'en a jamais été le cas et ce n'est certes pas notre état d'esprit. Ce qui légitime d'autant plus, je suppose, que je clarifie la situation (attention, ouverture de grande gueule imminente).

Il n'y a pas, à proprement parler, de 'business', et encore moins derrière. Nous ne sommes pas des vacanciers professionnels, c'est à dire des personnes payées pour voyager, ni même des personnes qui voyagent pour faire de l'argent. Nous sommes des personnes normales qui font des choix, peut-être, anormaux - disons atypiques. Passionnés par l'aventure et l'appel de la découverte, nous faisons le choix d'une vie marginale pour satisfaire nos envies d'ailleurs et de liberté. Et pour pérenniser, aujourd'hui, ce mode d'existence embrassé voilà plusieurs années, nous travaillons dur pour transformer une partie de la matière que nous rapportons en rémunération.

Une petite partie.

La grande majorité de mon travail est accessible gratuitement. Sur Internet, nombre de vidéos - pastilles courtes, documentaires sur et pour les ONG, reportages annexes, petits voyages, délires - sont diffusées gratuitement. Pendant des années, nos vidéos étaient diffusées à la télé sans que cela n'engendre une quelconque rémunération, et c'est encore régulièrement le cas. A ce jour, seulement 4 films sont générateurs de rémunération, il s'agit des moyens-métrages consacrés au tour du monde (mais beaucoup d'images complémentaires sont visibles gratuitement) et du moyen-métrage consacré à l'Islande. Nos photos sont accessibles, nos expos gratuites, et tous les articles signés de ma main que vous pouvez lire dans des magazines comme Globetrotter ou Carnet d'Aventure, mais aussi d'autres revues qui ne sont pas liées au voyage (Macadam, par exemple) sont fournis gratuitement aux intéressés.

Les moyens-métrages que beaucoup connaissent me permettent de gagner ma vie, soit qu'ils soient projetés lors de conférence rémunérées (je ne touche pas toujours, loin s'en faut, 100% de mon cachet habituel, et je fais régulièrement des interventions gratuites), soit qu'ils soient vendus sur DVD ou loués en VOD. C'est là quasiment tout mon gagne-pain - viennent s'ajouter la vente de livre, de ma main, ou en librairie (j'en ai déjà parlé, le gain financier est très modeste) ; les droits d'auteur sur les films à la télé (dérisoires) ; les ventes de photos (exceptionnelles, de l'argent de poche) ou de cartes postales (idem). Contrairement à ce que le grand public estime naturel, la diffusion de nos images à la télé est très mal/peu rémunérée.

En tout et pour tout, votre serviteur est un heureux smicard qui ne sait pas 6 mois à l'avance s'il va gagner sa croûte et nourrir sa fille (ah ah).

Attention, je ne me plains pas. J'explique. Vous comprenez maintenant que les remarques sur le "business" Planète.D ne me laissent pas indifférent.

Comme ne me laissent pas indifférent certains mauvais payeurs parmi ma "clientèle"... Vous vous souvenez peut-être de ces clients qui m'avaient, un soir de conférence, invité au restaurant en insistant sur l'honneur qu'il y avait à bien recevoir le conférencier, pour quelques semaines plus tard m'envoyer le règlement de ma facture duquel avait été déduit l'addition du restaurant (véridique). Rancunier comme je suis, j'ai à nouveau travaillé pour ces mêmes clients (au demeurant des personnes charmantes, très sympathiques, je vous (r)assure). Cette fois, j'ai assuré 2 pleines soirées pour la moitié de mon cachet normal. Mais on m'a contacté au dernier moment pour me signifier que les frais de route (frais réels à 18 cents du km et non mes frais URSSAF habituel à 46 cents du km) étaient trop élevés et qu'il fallait baisser de 40 €. Ca laisse rêveur.

Il me semblait important et légitime de prendre un peu de hauteur pour clarifier comment tourne la Planète.D et remettre les pendules à l'heure.

Et intéressant d'observer que, peut-être, dans l'esprit du public, nous sommes des vendeurs de rêve et donc pas habilités à en faire de l'argent - faudrait-il être toujours bénévole pour être cohérent avec l'image que vous avez de nous ? Dit-on du médecin "Oui, il soigne bien, mais bon, on sent le business derrière..." ? Parle-t-on du facteur en ces termes : "Il distribue le courrier avec efficacité, mais bon, il a une paye derrière..." ? Critique-t-on l'employé de bureau car il ne se lève pas le matin pour aller bénévolement faire son travail toute la journée, mais bel et bien contre rémunération ?

Non.

Et en plus, ils gagnent tous largement plus que moi :-)

(mais ils sont vachement moins libres, n'ont pas une amoureuse sexy à l'arrière de leur tandem ni une fille magnifique dans la remorque, enfin certainement pas tout ça réuni)

Ceci étant dit, je suis content que cette remarque sur le "business" Planète.D, que certains d'entre vous ont peut-être partagée, me soit arrivée, et je remercie son émetteur d'avoir exprimé ce sentiment, car c'est là un garde-fou, justement, pour que nous perdions pas de vue l'essentiel : nous faisons ce que nous faisons - voyager, vivre - parce que nous aimons le faire, et ensuite vient le travail qui permet d'en tirer, si possible, un revenu, maigre, certes, mais c'est un choix.

Ca ne marche pas dans l'autre sens.

Damien Artero
Planète D

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Published by Festival du voyage à vélo EuroVeloGex - dans Divers
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commentaires

lolo 28/10/2013 21:13

Bravo Damien d'avoir le courage d'écrire ce que tu ressens vraiment. Ta réponse me fait penser au titre d'un livre intitulé : " etre heureux n'est pas necessairement confortable".